
Un sentiment de vie
de Claudine Galéa
Comment éprouver le sentiment d’être en vie, le préserver, en garder la beauté ?
C’est ce qu’interroge Claudine Galea dans un texte à la lisière des genres qui creuse la matière même de l’écriture par une langue multiple (souvenirs, propos, fantasmes, ressouvenirs, citations, extraits...).
L’écriture est ici dans la chair. Si elle parle nommément, clairement, de son histoire (son père, la guerre d’Algérie, les souvenirs de cela), l’écrivaine est aussi devant nous habitée par la présence vivante de la littérature, sans distinction entre passé et présent (Büchner mais aussi Falk Richter, un « frère » d’écriture). Comme une communauté de personnages et d’êtres hantés qui nourrissent et portent la pensée, la dramaturgie, la langue, le possible d’une écriture.
Aucune considération de soi à soi mais une transcendance vers des questions essentielles, existentielles. (Présentation de l’éditrice)
L’écriture de Claudine Galea est pour moi une rencontre fondamentale. Cela fait longtemps que j’attendais ce moment d’avoir entre les mains une langue qui comme celle-ci me parle, parle et parvient à dire, à parler de/à notre humanité, une langue qui répond à mon désir/besoin de porter à la scène aujourd’hui, tant dans son fond que dans sa forme.
Stanislas Nordey à propos des textes de Falk Richter et de Claudine Galea, tous deux auteurs associés au TNS, identifie ainsi un nouveau théâtre de paroles: « Pas d’histoire ni de personnage, plutôt une pluralité d’histoires défaites, d’expressions, de confessions, d’appels. Toute une matière textuelle hétérogène qui propose un nouveau théâtre de parole ».
C’est une vraie proposition de théâtre. D’entrée de jeu se mêle l’intime, l’autobiographie, des élans d’inconscient, la grande comme la petite histoire, le politique, une prise de position franche et trouble à la fois, libre face à un monde cassé où l’on a le sentiment d’être déboussolé.es. L’ensemble innervé par un désir de ‘nommer’ l’existence dans cette époque chaotique qui n’attend pas vraiment de réponse, mais une certaine compréhension, prise de conscience, un dénuement, qui cherche à toucher peut-être. Et cet effort en quelque sorte nous apaise, nous console par le simple fait que l’on se sent concerné.es. Cela parle de nous, de notre monde, de notre vie, intime. On est moins seul. Nos mélancolies côtes à côtes.
Qui t’a sauvé Falk est-ce que quelqu’un t’a sauvé Est-ce que c’est Lenz ou Büchner Ou quelqu’un d’autre dans la vraie vie Qu’est-ce que la vraie vie Est-ce que la vraie vie sauve Est-ce que les livres sauvent Est-ce qu’on sauve jamais personne
Un sentiment de vie
Création 2026-2027
18 représentations
du 23 février > 14 mars 2027
création au Théâtre des Amis Carouge/Genève
création 2026-7
mise en scène geneviève guhl
dramaturge magali fouchault
actrices monica budde, claire forclaz,
thomas laubacher
costumes anna van brée
espace, scénographie claire peverelli
son fred jarabo
lumières dorothée lebrun
presse diffusion à définir
administration beatrice cazorla
Pour une absente
Covid-suspension
de Manon Pulver
Un dialogue conçu pour s'articuler autour d'une vingtaine de chansons de Barbara qui surgissent comme d'elles-même dans une investigation de la mémoire.

Distribution
Mise en scène Geneviève Guhl
Dramaturgie Manon Pulver
Comédien.nes Pierandré Boo & Sophie Solo
Composition Sophie Solo
Arrangements Sophie Solo & les musiciens
Bandonéon & piano Géraldine Schenkel
Clarinettes & piano Philippe Ehinger
Lumières Dorothée Lebrun
Scénographie Christian Métraux
Costumes Anna van Brée
Presse & diffusion Valérie Rohrbach
Création sonore à distribuer
administration Beatrice Cazorla
Ils parlent parce qu’il ne faut jamais cesser de dire l’autre même lorsqu’il est perdu.
Un homme et une femme reconstituent le chemin qui les a menés de la grâce à la perte, de l’amour à l’absence. Ce n’est pas forcément leur histoire, mais celle d’une femme désignée par Elle, qui choisi de partir, et d’un homme, Lui, qui la pousse presque à prendre cette décision.
Lui : Je ne sais pas trop ce qui s’est passé, ou je ne le sais que trop. Je n’étais pas celui qu’elle attendait ce jour-là. Et elle n’était pas non plus celle que j’espérai retrouver. On se regardait avec une sorte de hargne impuissante. On attendait quelque chose. Quelque chose… enfin, oui, je ne sais pas comment dire…
(Pour une absente, Manon Pulver)
Manon Pulver aborde le thème de la perte dans l’amour comme un conte initiatique pour adulte ; il y a la douleur oui, mais finalement, aussi la grâce.
