MANQUE  (Crave)  de Sarah Kane 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
des actrices jouent avec des peintures 

La pièce de Sarah Kane questionne le relationnel, le rapport, l’amour, l’autre, le monde, dont le manque fait forcément partie. Le manque, au-delà du jugement et de la morale, fait partie de la vie constituée d’inconnu, d’inatteignable, de l’incomplet et donc de désir.

Dans l’œuvre d’Eliane Beytrison il y a une grande force d’évocation, d’inconnu, de non formulé et tout à la fois un univers affirmé, fort et sollicitant, rendant ainsi la lecture dynamique et mouvante.

 

Le spectateur, celui qui regarde, complète l’œuvre.

 

Tout comme les dialogues de manque, elles relèvent plus de la part souterraine et immergée de l’iceberg dont la partie habituellement montrée est ici absente. Matière non identifiée, non identifiable, non consommable, non spéculable, parce qu’elle reste d’une certaine façon insaisissable.

Les tableaux ne seront pas fixés au mur et seront déplaçables au gré du jeu, appuyés contre les lits, au sol, superposés, faisant ainsi dialoguer les personnages, les animaux, les formes et les rythmes. Telles leurs vies dans l’atelier, Eliane fera progresser leurs dispositions au fil des jours et suivant l’évolution de la performance des 4 actrices et du travail de la scénographe. Les actrices dialogueront, y prendront appui, s’adresseront parfois à elles, les feront parler.

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